La présidente de la CPI, la Japonaise Tomoko Akane, est la nouvelle cible des sanctions de l’administration Trump, en riposte aux enquêtes de la juridiction visant Israël.
Pas de répit dans la guerre que mène l’administration Trump contre le droit international. Les États-Unis ont annoncé ce mardi 18 août des sanctions contre la présidente de la Cour pénale internationale (CPI), la Japonaise Tomoko Akane, ainsi qu’un autre haut magistrat, renforçant leur offensive contre cette institution que Washington accuse d’être « politisée ».
Les nouvelles sanctions américaines « sapent l’État de droit », a aussitôt dénoncé la Cour dans un communiqué.
L’autre haut responsable sanctionné par Washington est l’actuel substitut du procureur de la CPI, le magistrat sénégalais Abdoulaye Seye.
« Ces personnes ont participé directement aux efforts déployés par la CPI pour enquêter, arrêter, placer en détention ou poursuivre des responsables dont le gouvernement n’a pas accepté la compétence de la CPI », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, dans un communiqué, sans citer d’exemples.
Une réponse aux enquêtes de la CPI contre Israël
Les États-Unis, qui n’adhèrent pas au traité international ayant institué la CPI, basée à La Haye aux Pays-Bas, ont imposé des sanctions visant plusieurs magistrats de la Cour, dont le juge français Nicolas Guillou. Mais ils ne s’étaient pas encore pris à sa présidente, venant en outre d’un pays allié clé, le Japon.
Les sanctions américaines interdisent notamment aux juges d’entrer dans le pays et bloquent toute transaction immobilière ou financière avec eux dans la première économie mondiale.
Ces sanctions constituent principalement une réponse aux enquêtes menées par la CPI à l’encontre d’Israël, allié des États-Unis. La Cour a notamment émis en 2024 des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à cause de la guerre à Gaza.
Après l’annonce des sanctions américaines, ce dernier a félicité sur X « Marco Rubio pour avoir mené les efforts résolus de l’administration Trump contre les abus illégitimes de la CPI, et pour avoir clairement indiqué que les responsables corrompus qui dirigent la CPI devront en assumer les conséquences ».
Une « juridiction supranationale corrompue »
Washington a lancé le mois dernier une offensive diplomatique majeure contre la CPI, l’accusant de « menacer » les Américains et faisant pression sur ses partenaires pour qu’ils s’en retirent.
Le Tchad et le Venezuela, désormais proche de Washington après la capture du dirigeant Nicolas Maduro, ont récemment emboîté le pas en annonçant leur intention de quitter la CPI, et Marco Rubio s’est dit confiant dernièrement que d’autres pays suivraient.
L’administration Trump « a été claire : la CPI est une juridiction supranationale corrompue et gravement politisée qui a abusé de son autorité de manière malveillante et outrepassé son mandat », a dénoncé Marco Rubio. « Nous ne tolérerons pas qu’elle porte atteinte à la souveraineté des États », a ajouté le secrétaire d’État américain.
La CPI affirme qu’elle restera « inébranlable »
En réponse, la Cour a déclaré que « les mesures visant les juges, les procureurs et le personnel qui œuvrent à l’accomplissement du mandat confié à la CPI par les États portent atteinte à l’État de droit ».
« Lorsqu’il est fait pression sur les acteurs judiciaires pour les empêcher d’appliquer la loi, c’est l’ordre juridique international lui-même qui est mis en danger », a-t-elle ajouté dans un texte envoyé aux journalistes. La CPI a affirmé qu’elle restait « inébranlable » et qu’elle « soutenait fermement son personnel ainsi que les victimes d’atrocités inimaginables ».
Fondée en 1998 et entrée en fonctions en 2002, la CPI, juridiction pénale internationale permanente, est chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crime contre l’humanité, crime d’agression et crime de guerre.
Elle traverse une grave crise, prise à partie par les États-Unis qui sont signataires du Statut de Rome ayant fondé la CPI, mais qui ne l’ont jamais ratifié. Ni Israël, ni la Russie – dont le dirigeant Vladimir Poutine est également visé par un mandat d’arrêt de la juridiction – n’en sont membres.
Timothée Barnaud
Huffpost / MCP, OeilTaifa Africa, via mediacongo.net








