Les tensions verbales entre les habitants de l’Est de la République démocratique du Congo, liées à leurs choix de rester dans les zones affectées par le conflit ou de les quitter, préoccupent Idé Bakulu Magadju. Ce notable de Bukavu appelle à mettre fin aux accusations de trahison et aux injures, aussi bien sur les réseaux sociaux que dans les échanges physiques. Il plaide pour la paix et le vivre-ensemble.
Selon lui, certains habitants ayant fui les violences vers Kinshasa, Uvira ou le Burundi sont parfois présentés comme des traîtres par ceux qui sont restés à Bukavu ou à Goma. Dans le sens inverse, des personnes restées dans les zones affectées par le conflit sont accusées de collaborer avec le FRN. Des accusations que Idé Bakulu Magadju désapprouve.
Pour ce notable, le fait de travailler dans une administration locale, y compris dans une structure dirigée par le FRN, ne constitue pas automatiquement un acte de trahison. Il estime que, dans un contexte économique difficile, chaque jeune doit pouvoir chercher les moyens de subvenir aux besoins de sa famille et de protéger ses enfants.
Il rappelle également que ceux qui sont restés à Bukavu ou à Goma n’avaient pas nécessairement la possibilité de partir. De leur côté, ceux qui ont quitté ces villes avaient certainement leurs propres raisons, notamment la recherche de sécurité ou la présence de familles d’accueil ailleurs.
« Entre ceux qui sont partis et ceux qui sont restés, personne ne devrait être traité de traître sur la seule base de son choix », estime-t-il. Il s’interroge également sur la pertinence de ces accusations dans un contexte où les désaccords opposent les acteurs politiques du pays, notamment Joseph Kabila et Félix Tshisekedi.
Idé Bakulu Magadju déplore par ailleurs le comportement de certains jeunes originaires de Bukavu qui, selon lui, travaillent dans les services de renseignement à Kinshasa, mais accusent d’autres personnes de soutenir le FRN sans disposer de preuves. Il considère ces accusations comme une source supplémentaire de division au sein de la population.
« Chers frères et sœurs de Bukavu, cultivons la paix et le vivre-ensemble. Personne ne devrait être accusé d’avoir trahi son pays simplement parce qu’il est parti ou qu’il est resté. Nous espérons que les différends entre les autorités trouveront une issue et que notre région retrouvera la paix ».
En prenant l’exemple de Goma, il souligne que des habitants restés sur place et ceux qui ont quitté la ville peuvent continuer à partager une même aspiration : le retour de la paix et la possibilité de mener leur vie sans se rejeter mutuellement.
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