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Santé sexuelle : les adolescentes déplacées de Kalehe confrontées au manque d’information

De nombreuses adolescentes, particulièrement celles vivant sur les sites de déplacés de guerre dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, disent avoir difficilement accès aux informations sur la santé sexuelle et reproductive. Les tabous familiaux, le manque de sensibilisation et l’insuffisance de services adaptés les exposent notamment aux risques de grossesses précoces et d’infections sexuellement transmissibles, selon des témoiganges recueillis par Radio Okapi, samedi 31 octobre 2026.

Sur le site des déplacés de Rambo, à Bunyakiri, plusieurs adolescentes disent manquer d’informations essentielles pour comprendre les changements liés à leur développement physique et prendre soin de leur santé reproductive.

Neema, 15 ans, explique notamment qu’elle a peu d’occasions d’aborder ces questions avec ses parents ou d’autres personnes susceptibles de l’orienter.

« En tant qu’adolescente, j’éprouve de sérieuses difficultés d’accès aux informations sur la sexualité. Ici, au camp, nos parents n’abordent jamais ce sujet, alors je ne sais pas vers qui me tourner », témoigne-t-elle.

Les tabous sociaux 

Faute d’échanges avec leurs parents ou de personnes ressources, certaines adolescentes se tournent vers leurs camarades ou des personnes plus âgées. Mais celles-ci ne disposent pas toujours des connaissances nécessaires pour leur fournir des informations fiables.

Pour Jean-Paul Birindwa, un parent vivant dans la région, ce silence s’explique notamment par des habitudes culturelles transmises de génération en génération.

« Déjà chez nos arrière-parents, il n’y avait pas cette habitude de parler clairement de la sexualité avec les enfants », explique-t-il.

Les acteurs de la protection de l’enfance estiment que ces tabous limitent l’accès des jeunes à des informations fiables sur leur santé sexuelle et reproductive.

Les autorités locales reconnaissent ces difficultés. L’administrateur du territoire de Kalehe, Thomas Bakenga, affirme que des initiatives de sensibilisation sont progressivement mises en place en faveur des adolescents.

Ces actions portent notamment sur l’hygiène menstruelle, la prévention des grossesses précoces et la protection contre les infections sexuellement transmissibles.

Pour Francine Serubungo, membre de l’organisation Action pour les droits solidaires, ces initiatives doivent être renforcées. Elle appelle les autorités et leurs partenaires à développer des programmes d’éducation à la santé sexuelle et reproductive et à faciliter l’accès des adolescentes à des soins adaptés.

Selon les acteurs locaux, une meilleure information des adolescentes constitue un levier essentiel pour réduire leur vulnérabilité et promouvoir leur bien-être dans les communautés de Kalehe.

Radio Okapi, via OeilTaifa Africa

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