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Tournée de Marc Rubio: Washington veut «un contrôle resserré sur l’ensemble de l’Amérique du Sud»

Relations économiques, lutte contre le trafic de drogue et l’immigration illégale, mais surtout renforcement de l’arc populiste pro-Trump dans la région… La tournée du secrétaire d’État américain, Marco Rubio en Colombie, en Équateur et au Pérou vient asseoir un peu plus la nouvelle « doctrine Donroe » de Donald Trump avec, dans la foulée, la publication par le président américain d’une carte des États-Unis qui inclue pour la première fois le Mexique et Cuba. L’analyse de Jean-Jacques Kourliandsky, le directeur de l’Observatoire de l’Amérique latine et des Caraïbes à la Fondation Jean-Jaurès.

La publication de la nouvelle carte des États-Unis par Donald Trump, incluant le Mexique et Cuba, intervient juste au moment de la tournée du secrétaire d’État américain Marco Rubio en Colombie, en Équateur et au Pérou. Est-ce un hasard ?

Jean-Jacques Kourliandsky : Non, ce n’est pas du tout un hasard. D’autant moins après la mise en place du Bouclier des Amériques, une alliance sécuritaire et militaire lancée par le président américain Donald Trump, le 7 mars 2026, lors d’un sommet inaugural à Miami. Cette alliance entend mieux lutter contre le trafic de drogue et l’immigration illégale et place les pays d’Amérique latine qui y ont adhéré sous la tutelle des États-Unis dans cette lutte. Marco Rubio se rend précisément auprès des nouveaux présidents, le Colombien Abelardo de la Espriella et la péruvienne Keiko Fujimori, soutiens affichés du président américain. Le Pérou ayant rejoint le Bouclier des Amériques en juillet dernier. L’Équateur, lui, y a adhéré le 7 mars. La nouvelle carte des États-Unis, publiée par Donald Trump, englobant aussi le Mexique et Cuba, sonne comme un message dans ce contexte. C’est aussi une réponse à la décision des Nations unies de réduire la dimension géographique des États-Unis sur la nouvelle carte du monde. Tout ça, effectivement est lié.

Marco Rubio vise des objectifs particuliers dans chacun des trois pays visités ? 

La Colombie est un allié traditionnel des États-Unis depuis un siècle. Le pays, en dépit de la parenthèse du président de gauche Gustavo Petro de 2022 à 2026 a toujours été un allié fidèle de Washington en matière de lutte antidrogue et c’est l’un des pays qui maintient des relations économiques privilégiées avec les États-Unis. Donc, il s’agit de recomposer ce qui, vu de la Maison Blanche, a été une parenthèse : la période de la présidence Petro.

L’equateur de stupéfiants qui passe par les ports, notamment celui de Guayaquil, à travers lesquels l’Équateur exporte ses bananes. Il y a eu pendant quelques années une base américaine à Manta sur le Pacifique que Rafael Correa avait fait fermer.

Donc, il y a probablement aussi des demandes américaines de retrouver une possibilité d’avoir une plateforme militarisée, maritime et aérienne, en Équateur qui permettrait notamment d’avoir un contrôle resserré sur l’ensemble de l’Amérique du Sud et donc aussi sur le Brésil qui est le dernier pays faisant obstacle à la doctrine « Donroe », la nouvelle formule de Trump, inspirée de la doctrine Monroe. Une doctrine expansionniste lancée par le président James Monroe en 1823

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