Le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire et de la Recherche scientifique a décidé de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, les activités académiques et para-académiques pour l’année 2026-2027 dans certaines institutions publiques d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et de Bukavu.
Cette mesure concerne notamment l’UNIGOM, l’ISC-Goma, l’ISTM-Goma, l’ISTA-Goma, l’ISP-Goma, l’UOB ainsi que l’ISC-Bukavu, l’ISTM-Bukavu, l’ISP-Bukavu, l’ISDR-Bukavu et l’ISAM-Bukavu, selon l’arrêté présenté par les autorités.
La décision suscite des réactions dans les milieux politiques et académiques. Au Sud-Kivu, Anselm Ndjungu Yango, coordonnateur provincial d’Ensemble pour la République, critique cette mesure qu’il considère comme une réponse inappropriée à la situation politique et sécuritaire dans les zones contrôlées par l’AFC/M23.
Pour cet acteur politique, les étudiants ne devraient pas subir les conséquences d’un différend politique ou militaire entre le gouvernement et l’AFC/M23.
« Si le gouvernement suspend les activités des étudiants à Bukavu et Goma, quelle faute ces enfants ont-ils commise ? S’il y a un problème politique avec l’AFC/M23, est-ce que cela concerne les étudiants ? », s’interroge Anselm Ndjungu Yango.»
Il estime également que la suspension des activités académiques risque de pénaliser des milliers d’étudiants et leurs familles, alors que ceux-ci ne sont pas directement impliqués dans les affrontements ou les enjeux politiques opposant les différentes parties.
Anselm Ndjungu va plus loin et accuse le président Félix Tshisekedi de contribuer, à travers cette décision, à une logique qu’il qualifie de « balkanisation » de la République démocratique du Congo.
« Comment un gouvernement sérieux peut-il vouloir punir les innocents qui sont ses étudiants ? Et quelle est alors l’importance des discussions de Doha et de Suisse si le gouvernement s’attaque à ses enfants ? », poursuit-il.
À Bukavu comme à Goma, la mesure alimente ainsi les inquiétudes des étudiants et des parents qui redoutent les conséquences de cette interruption sur le calendrier académique et la poursuite des études.
La suspension ne concerne toutefois pas l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur et universitaire de ces deux villes. Elle vise les institutions publiques expressément citées dans l’arrêté, tandis que la situation des autres établissements doit être distinguée de cette mesure.
Les autorités justifient cette décision par la nécessité de prévenir l’accomplissement d’actes académiques en dehors du cadre légal et institutionnel de la RDC, en invoquant également l’urgence.










