Home / Sécurité / RDC : Comment sortir du sous-développement dans notre société et dans nos Églises ? [ Chronique de l’abbé Jean-Claude Bin MUZALIWA]

RDC : Comment sortir du sous-développement dans notre société et dans nos Églises ? [ Chronique de l’abbé Jean-Claude Bin MUZALIWA]

Nelson Mandela disait : « L’arme la plus efficace pour le progrès d’un peuple, c’est l’éducation. »En République Démocratique du Congo (RDC), plus qu’hier encore, l’instruction et l’éducation bases du développement des peuples depuis les temps les plus reculés – s’imposent aujourd’hui plus que jamais pour espérer sortir du sous-développement.Avouons-le, le Congo accuse un grand retard par rapport aux pays voisins. Un système d’instruction peu efficace en est une des causes. Par manque d’éducation solide, les Congolais s’enfoncent dans une situation infrahumaine et une misère indescriptible.Un paradoxe congolaisLes analystes s’interrogent : pourquoi cette situation anachronique persiste-t-elle en RDC ?Un pays surnommé « scandale géologique », qui regorge de presque tous les minerais existant au monde, vit pourtant le paradoxe d’une population restée pauvre.Peut-on encore espérer une nouvelle vision pour ce pays au cœur de l’Afrique ?Qui sauvera la RDC de son sous-développement comme le fit, en un temps record, le défunt président tanzanien John Magufuli ? Ce dernier, à travers sa détermination, a doté son pays d’infrastructures modernes : chemins de fer, pistes d’aviation, routes asphaltées… N’est-ce pas un modèle à suivre ?Le manque de leadership éducatifCertes, il n’est pas facile de répondre à tous les problèmes congolais, car les plaies sont profondes.La RDC, dans son ensemble, manque de « maîtres exceptionnels », capables d’inventer et d’imposer des systèmes favorisant l’élévation des connaissances et la compétition intellectuelle. Comme l’exprime si bien Senghor : « La civilisation, c’est la culture en mouvement. »Malheureusement, certains dirigeants privilégient la division pour régner. Or, éviter ce piège, c’est accepter de bâtir un esprit commun d’entraide et de responsabilité collective. Gouverner, c’est aussi développer une dynamique d’auto-construction sociale.Les ravages de l’ethnocentrismeL’abbé Raymond, dans son analyse, dénonce un autre mal : l’ethnocentrisme.Il prouve combien l’initiative personnelle est souvent étouffée par des considérations tribales, régionales ou religieuses.Chaque fois que l’ethnocentrisme prime sur l’intérêt collectif, on assiste à une fermeture mutuelle et à une autodestruction sociale. « Tout peuple qui se replie sur lui-même stagne, s’étiole et meurt, » écrivait Aimé Césaire.L’ethnocentriste, en se repliant sur sa communauté, se déconnecte de la réalité sociale et détruit les bases mêmes de l’unité nationale.Un nécessaire retour aux valeursPour comprendre les causes du sous-développement de la RDC, citons l’évêque et professeur Sébastien Muyengo.« L’Africain doit s’engager dans une relecture critique de ses traditions, en revisitant les valeurs vraies et saines du passé, afin d’améliorer le présent et de mieux projeter l’avenir. »De son côté, le professeur Kangudi ajoute :« Alors que la technologie évolue à une vitesse vertigineuse, l’Africain se complaît dans la contemplation de l’univers, une attitude que je qualifie de dilettantisme, traduisant un manque d’initiative et de créativité. »Le manque de patriotisme authentique aggrave cette situation.Pour sortir la RDC et nos Églises du sous-développement, il faut commencer par renforcer l’instruction et surtout l’éducation de base, en famille et à l’école. Une éducation mal assurée ne peut éclairer le chemin du progrès.Comme le pense le professeur Jean-Paul Yawidi, il faut un « procès de la société congolaise », une remise en question profonde de nos valeurs éducatives.Nos universités doivent cultiver leur propre identité tout en s’ouvrant au monde, afin de s’adapter aux réalités de la mondialisation. Philosophie, religion, éthique et citoyenneté doivent être au cœur des enseignements.Enfin, rappelons cette maxime du professeur Ferdinand Kondani : « Qui veut, peut. »Abbé Jean-Claude TSHOMA Bin MUZALIWAAssistant à l’ISP/Baraka

Gaspard LWENDO

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