Le Cadre de Concertation de la Société Civile du Kivu, aux côtés des confessions religieuses et des mouvements citoyens, a lancé, en date du 11 novembre 2025, la CAMPAGNE CITOYENNE POUR LA PAIX À L’EST DE LA RDC.*
Cette campagne poursuit les objectifs suivants :
- Mobiliser les parties prenantes pour l’intégration d’un agenda social aligné sur les besoins de la population dans la dynamique de recherche de paix (processus de Luanda, de Washington et de Doha)
- Mener un plaidoyer auprès de la communauté internationale sur la nécessité d’un dialogue INCLUSIF, afin de traiter les causes profondes des conflits armés qui endeuillent l’Est de la RDC depuis plus de trois décennies;
- Œuvrer à l’implication et à la participation active des leaders sociaux (société civile, chefs religieux, leaders communautaires, autorités coutumières) dans le processus de paix.
Nous saluons les efforts des États-Unis et de l’Émirat du Qatar qui ont réussi à réunir, d’une part, les présidents congolais et rwandais, Leurs Excellences Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et Paul Kagame, et d’autre part, l’AFC-M23 et le Gouvernement congolais. Ces efforts ont abouti à la signature d’accords de principe, d’un accord de paix entre l’AFC/M23 et le Gouvernement, ainsi que d’accords économiques et sécuritaires bilatéraux.
Cependant, nous constatons avec amertume une mauvaise foi manifeste dans la mise en œuvre du cessez-le-feu. L’absence d’un mécanisme international de suivi a déjà causé de nombreuses victimes civiles, constituant des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Alors que nous craignions un désintérêt de la communauté internationale, le décès tragique d’une agente humanitaire de l’UNICEF, Carine Bouisset, ainsi que de deux de nos compatriotes, doit agir comme un électrochoc. Cet acte criminel contre des civils et des humanitaires exige une responsabilisation politique et diplomatique immédiate face à cette énième violation du cessez-le-feu. Nous déplorons également le manque de volonté politique pour impulser une dynamique de paix interne via un dialogue inclusif.
Eu égard à ce qui précède, nous appelons :
- Les institutions de la République Démocratique du Congo : à tirer les conséquences diplomatiques et sécuritaires de la violation répétée du cessez-le-feu. Nous les exhortons à privilégier un dialogue inclusif, gage d’une sécurité intégrale pour toutes les communautés, et à substituer aux discours bellicistes un langage de paix de nature à rassurer une population meurtrie.
- L’AFC-M23 : à prendre les dispositions nécessaires pour garantir la sécurité des Congolais et des étrangers vivant dans les zones sous son contrôle.
- La Communauté Internationale (USA, UE, France, Belgique, UA, SADC, CIRGL…) : à ne ménager aucun effort pour accompagner la RDC vers une dynamique de paix interne, aboutissant à un dialogue inclusif sur les causes profondes de ces conflits qui n’ont que trop durée










