Le Hamas a commencé à libérer, ce lundi 13 octobre à Israël, les derniers otages vivants qu’il détient dans la bande de Gaza, cela après 738 jours de captivité. Un sommet de la paix en Égypte, en présence du président Donald Trump,
Le Hamas a remis lundi matin à la Croix-Rouge sept otages israéliens sur les 20 toujours en vie retenus à Gaza, qu’il doit libérer en échange de prisonniers palestiniens. Plusieurs dirigeants, dont Emmanuel Macron, doivent se retrouver à Charm el-Cheikh pour ce sommet consacré à la fin de la guerre à Gaza, sous l’égide du président américain Donald Trump et de son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi.
Premiers otages israéliens libérés
Un premier groupe de sept otages israéliens a été libéré ce matin et rendu à la Croix-Rouge, selon les médias israéliens. La branche armée du Hamas avait plus tôt publié les noms des 20 otages israéliens vivants retenus à Gaza dont la libération est attendue dans la journée. Au quatrième jour du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, le retour des otages marquera un « événement historique » mêlant « tristesse » et « joie », a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Un convoi du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est en route vers un point de rendez-vous dans le sud de la bande de Gaza pour les récupérer. Des otages israéliens non encore libérés ont passé lundi des appels vidéo avec leurs familles, selon le Forum des familles, la principale association de proches d’otages en Israël.
L’association a relayé des vidéos et photos des proches de Matan Zangauker, de Nimrod Cohen, et d’Ariel et David Cunio, des otages qui selon les autorités israéliennes n’ont pas encore été libérés
« Après 738 jours d’angoisse en captivité, Omri Miran, Matan Angrest, Ziv Berman, Gali Berman, Guy Gilboa-Dalal, Alon Ohel et Eitan Mor nous reviennent pour embrasser leurs familles qui ont œuvré sans relâche pour leur libération, leurs amis et une nation entière qui a cru et s’est battue pour ce jour », indique le Forum, principale organisation de proches des captifs dans un communiqué.
C’est la première étape du plan présenté par le président américain pour faire taire les armes, le retour en Israël des 48 otages, vivants ou morts, doit s’accompagner de la libération par Israël de 250 détenus pour des « raisons de sécurité », dont de nombreux condamnés pour des attentats meurtriers anti-israéliens, et de quelque 2.000 détenus palestiniens arrêtés à Gaza depuis octobre 2023. Israël a prévenu qu’ils ne seraient libérés qu’après confirmation que les otages ont été rendus.
Les autorités israéliennes anticipent toutefois que tous les otages morts ne seront pas restitués lundi. Auquel cas, un « organisme international, convenu dans le cadre de ce plan, aidera à localiser les otages (morts) s’ils ne sont pas retrouvés et libérés », selon Shosh Bedrosian, porte-parole de Benjamin Netanyahu.
Donald Trump affirme que la « guerre est terminée »
Donald Trump est arrivée en Israël ce lundi à 6h20 GMT. Après un échange avec Benjamin Netanyahu, il s’exprimera devant le Parlement et rencontrera des proches d’otages. « La guerre est terminée. D’accord? Vous comprenez ça? », a déclaré le président américain en quittant les États-Unis.
Après son court séjour en Israël, Donald Trump se rendra à Charm el-Cheikh, en Égypte, pour y coprésider avec son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi un « sommet pour la paix » à Gaza, en présence de dirigeants de plus de 20 pays et du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. La gouvernance de la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre, en sera l’un des enjeux.
Les pays médiateurs de l’accord de cessez-le-feu à Gaza doivent y signer un document garantissant son application, a indiqué une source diplomatique selon qui ces pays seront « les Etats-Unis, l’Egypte, le Qatar et probablement la Turquie ».
Aucun responsable israélien ne fera le voyage, pas plus que le Hamas. L’Iran, soutien de longue date de ce dernier, a été invité mais ne participera pas non plus. Parallèlement au retrait progressif déjà amorcé de l’armée israélienne, qui garde le contrôle de 53% de la bande de Gaza, le plan américain prévoit dans une phase ultérieure que le Hamas soit exclu de la gouvernance de la bande de Gaza où il a pris le pouvoir en 2007, et que son arsenal soit détruit.
Selon le plan américain, le gouvernement serait confié à « un comité palestinien technocratique et apolitique » placé « sous la supervision et le contrôle d’un nouvel organe international de transition » dirigé par M. Trump.
Pour le président français Emmanuel Macron, « la paix devient possible pour Israël, pour Gaza et la région ». De son côté, Benjamin Netanyahu a estimé qu’Israël avait remporté « d’immenses victoires, des victoires qui ont stupéfié le monde entier ». « Je dois vous dire que la lutte n’est pas terminée », a-t-il toutefois ajouté dans une allocution télévisée.
Des camions d’aide entrent à Gaza
Dans la bande de Gaza, des centaines de milliers de Palestiniens déplacés par la guerre ont regagné depuis le début du cessez-le-feu le nord du territoire, en grande partie transformé en champ de ruines.
Des camions chargés d’aide ont commencé à entrer à Gaza par le point de passage de Kerem Shalom, dans le sud d’Israël. D’autres camions attendaient à Rafah, le point de passage voisin, sur la frontière entre Gaza et l’Egypte.
Certains chargements auraient déjà été pillés, selon plusieurs témoignages d’habitants. « Nous ne voulons pas vivre dans une jungle, nous exigeons que l’aide soit sécurisée et distribuée avec respect pour les gens, » a déclaré Mohammed Za’rab, un jeune homme devant des cartons au sol le long d’une route.
TV5Monde / MCP , mediacongo.net, via OeilTaifa.africa