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RDC : « Seul un tête-à-tête entre Tshisekedi et Kabila peut stopper la guerre », estime Ildefonse BALIBUNO-LINDA DEFO

Dans une interview exclusive accordée à OeilTaifa Africa, Ildefonse Balibuno DEFO, notable du Sud-Kivu et cadre de l’UNC, a partagé son analyse de la crise socio-politique et sécuritaire que traverse actuellement la République Démocratique du Congo.

Pour lui, la démarche initiée par la C64 — une coalition de l’opposition non armée en RDC — est salutaire. Il estime que ce regroupement a enfin compris que l’ancien président Joseph Kabila demeure le principal opposant capable de faire trembler le pouvoir de Kinshasa. C’est pourquoi la C64 exige que les deux signataires de l’accord politique de 2019 se mettent autour d’une table pour réévaluer leur compromis, une condition jugée indispensable pour le rétablissement de la paix.

Notre source regrette que, l’Union sacrée, personne n’ose présenter la réalité des faits au chef de l’État. Selon lui, le pays va très mal et le président Félix Tshisekedi porte seul le poids de ces difficultés. Constatant l’impasse militaire sur le terrain, Ildefonse Balibuno soutient que la solution ne peut être que politique, passant impérativement par un dialogue direct entre Kabila et Tshisekedi.

Monsieur le journaliste, Joseph Kabila est un homme politique redoutable qui n’a plus rien à perdre, surtout depuis sa condamnation à mort par contumace. Sa prise de position à la tête du FRN devrait envoyer un signal fort à Félix Tshisekedi, explique-t-il. Tout en reconnaissant que les deux dirigeants ont chacun leur part de responsabilité dans les dérapages passés, le cadre de l’UNC insiste sur le fait que seule une rencontre au sommet pourra désamorcer les conflits.

À la question de savoir si Joseph Kabila collabore avec le Rwanda, le notable nuance en rappelant le jeu des relations internationales. Chaque régime a ses alliés. Si le gouvernement actuel collabore avec le Burundi, d’autres nouent d’autres alliances. Au final, c’est la population qui en paie le prix. Si le président Félix Tshisekedi pouvait m’écouter, je lui conseillerais de choisir la voie la plus rapide pour stopper cette guerre. S’il était à la place de Kabila, il agirait probablement de la même manière pour assurer sa survie politique avant de porter les revendications des révolutionnaires

Balibuno conclut en alertant sur l’enlisement de la situation sécuritaire au fil du temps. Il rappelle que si les conclusions de la tournée Amani de Vital Kamerhe avaient été capitalisées, cette escalade aurait pu être évitée. Pour lui, l’heure n’est plus au recrutement de mercenaires, mais plutôt à une discussion franche entre le président Félix Tshisekedi et son ancien partenaire politique pour sauver la nation. Enfin, il encourage vivement l’engagement de la coalition C64, qui assume ici avec courage un rôle de médiation proche de celui de la société civile.

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