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RDC/ESU: l’Archevêque de Bukavu appelle le FRN et les autorités de Kinshasa à préserver l’éducation malgré les conflits politiques et militaires

L’avenir des élèves et des étudiants reste au cœur des préoccupations de l’archevêque métropolitain de Bukavu. Dans une lettre ouverte datée du 10 octobre 2026, Mgr François Xavier Maroy Rusengo appelle les acteurs concernés par la crise dans l’est de la République démocratique du Congo à éviter que les tensions politiques et militaires ne compromettent davantage le fonctionnement des établissements d’enseignement.

Adressé au ministère national de l’Enseignement supérieur et universitaire, aux autorités de l’AFC/M23 (actuellement FRN) ainsi qu’aux partenaires éducatifs en RDC, le document porte un titre inspiré de l’Évangile selon saint Jean : « Remets ton épée au fourreau ».

L’archevêque y exprime son inquiétude face aux décisions administratives prises dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et de Bukavu. Selon sa lettre, l’AFC/M23 avait procédé à des nominations de personnels administratifs et financiers à partir de mai 2026, avant de désigner, le 7 août, des comités de gestion dans dix établissements des deux villes.

Ces initiatives ont suscité une réaction du ministère national de tutelle. Dans son communiqué officiel n° 011 du 10 août 2026, cité dans la lettre, le ministère a condamné les nominations concernées, annoncé des sanctions et la fermeture des établissements visés, tout en recommandant aux étudiants de s’inscrire dans d’autres institutions du pays.

Cette situation soulève des inquiétudes quant à la continuité des études et aux difficultés auxquelles les familles pourraient être confrontées. Pour l’archevêque, les désaccords entre les acteurs concernés ne devraient pas se traduire par des conséquences supplémentaires pour les étudiants et leurs parents.

« N’utilisez pas l’éducation et tout le social comme arme de guerre ou champ de bataille pour vos règlements de comptes », écrit-il, en appelant les différentes parties à faire preuve de responsabilité.

Dans sa lettre, Mgr Maroy Rusengo rappelle les démarches de l’Église catholique et de l’Église du Christ au Congo (CENCO-ECC) en faveur d’un dialogue inclusif. Cette démarche vise notamment à favoriser la paix, la cohésion sociale et une cohabitation pacifique dans la région des Grands Lacs.

L’archevêque invite les acteurs concernés à privilégier les voies de concertation afin de préserver les intérêts des élèves, des étudiants, des enseignants et des familles. Il insiste sur la nécessité de rechercher des solutions qui permettent aux jeunes de poursuivre leur formation malgré le contexte sécuritaire difficile.

Il appelle également les parties à faciliter la clôture de l’année académique 2025-2026 et le démarrage de l’année 2026-2027 dans de bonnes conditions, depuis l’enseignement maternel jusqu’au niveau doctoral.

Évoquant également les appels de l’Église contre l’exploitation des ressources africaines au détriment des populations, il souligne la responsabilité des institutions religieuses dans l’accompagnement des personnes confrontées à la souffrance et à l’incertitude.

Dans sa conclusion, Mgr François Xavier Maroy Rusengo invite les acteurs impliqués dans les conflits à privilégier la paix et à contribuer à la protection de l’éducation.

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