Le témoignage de l’Abbé Jean-Baptiste Kabazane sur la personne de Madame Mireille Mapendo Kashene est une véritable leçon d’humanité. Point de marchandage, aucune hésitation : dès que le besoin fut exprimé, elle a tendu la main avec une promptitude exemplaire.
La surprise de la générosité
Le prêtre raconte avec émotion ce moment décisif : « Elle m’a demandé le nombre de tôles dont j’avais besoin pour clore définitivement ce dossier. Je n’avais aucun chiffre précis, car ce n’était pas l’ordre du jour de notre rencontre. Je lui ai demandé de patienter pour que j’interroge le charpentier. Elle accepta, tout en prévenant : « Demain, nous en finissons avec ce dossier. » »
L’Abbé réalise alors que le cœur de cette femme a entendu la détresse avant même que les mots ne soient prononcés. Avec une simplicité désarmante, la surprise fut totale. Alors qu’il espérait couvrir une ou deux salles de classe, il reçut la totalité du matériel nécessaire pour l’ensemble du bâtiment. Plus encore, Madame Mireille ajouta les clous et prit en charge le transport.
« J’ai prié comme un muet, confie l’Abbé, car toutes les formules de gratitude se bousculaient en moi. Un seul mot sortait de mon cœur silencieux vers Dieu : Aksanti. Merci pour la vie généreuse donnée à Maman Mireille Mapendo. »
Le paradoxe de la lumière
À l’instar des injonctions de Jésus (Mc 7:36), Madame Mireille avait exigé la même discrétion : « Ne dites rien à personne ». Elle s’inquiéta même lorsque les premiers échos de son action commencèrent à circuler. Pourtant, la gratitude de l’Abbé et de la communauté d’Izege fut si débordante qu’il devint impossible de cacher ce que son humilité voulait garder secret.

C’est ici que réside le paradoxe des cœurs lumineux : quand ils cherchent l’ombre, c’est la lumière qui les poursuit.
Une solidarité en actes
Finalement, Mireille Mapendo nous enseigne que la solidarité n’est pas un discours, mais une manière d’habiter le monde. Si l’on me demande de parler de « Mama Wa Roho », je dirai qu’elle est cette lampe que Dieu a allumée et placée sur un support pour éclairer tous les hommes.
Puisse son élan d’oubli de soi inspirer d’autres cœurs. De cette dame au cœur immense, on pourrait dire sans trembler : « J’ai vu la bonté de Dieu à travers le visage de Mireille ».
GASPARD LWENDO










