En tant qu’acteur du secteur privé, le député national Olive Mudekereza a salué l’annonce d’une proposition de loi visant à imposer à toutes les entreprises désireuses d’investir en RDC d’intégrer des actionnaires congolais. Ce sujet a particulièrement captivé l’élu de Walungu et Bukavu lors de la plénière de ce mercredi à l’Assemblée nationale. Les députés y ont mené une réflexion approfondie sur la sous-traitance et le contenu local, afin de s’assurer que les investisseurs collaborent avec de vrais actionnaires congolais et non avec des « prête-noms ».
À cette occasion, Olive Mudekereza a fustigé le fait que sur les 6,6 milliards de dollars circulant dans le secteur de la sous-traitance en RDC, cette somme ne profite qu’à six provinces : Kinshasa, le Haut-Katanga, le Lualaba, le Haut-Uele et le Kongo-Central. Cette concentration se fait au détriment des autres provinces qui regorgent pourtant d’opérateurs économiques et de sous-traitants locaux.
L’élu a également pointé du doigt l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), qu’il qualifie de frein pour les entrepreneurs des provinces périphériques comme le Maniema. Actuellement, pour décrocher un marché de sous-traitance en RDC, l’agrément de l’ARSP est obligatoire. Or, son obtention s’avère fastidieuse pour de nombreux opérateurs économiques congolais.
Pour y remédier, le député propose la mise en place d’un mécanisme d’assouplissement pour les sous-traitants basés hors des provinces phares de l’ARSP. Il a illustré son propos par un exemple concret : « Si un opérateur économique basé au Maniema décroche un marché avec l’entreprise TFM, doit-il obligatoirement se rendre d’abord à Kinshasa avant de commencer à travailler ?»
Selon lui, dès qu’un opérateur économique ou un sous-traitant possède son registre de commerce (RCCM), son numéro d’impôt, son ID nat et son numéro d’import-export, il devrait être autorisé à soumissionner directement afin de ne pas perdre son partenaire commercial. L’ARSP interviendrait alors dans un second temps pour régulariser le dossier.
Olive Mudekereza estime que cette approche limiterait la prolifération de sous-traitants fictifs. Enfin, il a suggéré la création d’une commission parlementaire dédiée à ce secteur. Celle-ci aurait pour mission de sensibiliser les sociétés minières et les autres grandes entreprises, permettant ainsi de matérialiser la vision du Président de la République : celle de créer des millionnaires congolais.
GASPARD LWENDO










