Les forces vives des sociétés civiles du Nord et du Sud-Kivu appellent à l’ouverture d’un dialogue global et inclusif pour parvenir à une paix durable en République démocratique du Congo. Elles estiment que ce processus doit prendre en compte l’ensemble des dynamiques de la crise sécuritaire, au niveau national, régional et international.
Dans leur déclaration, les acteurs de la société civile soulignent que la situation sécuritaire ne se limite pas aux zones contrôlées par le M23/AFC. Selon eux, plusieurs autres territoires restent confrontés à l’activisme de groupes armés et à différentes formes d’insécurité.
Ils plaident ainsi pour un processus de paix qui ne singularise pas uniquement le M23/AFC, mais qui intègre l’ensemble des acteurs et des facteurs à l’origine de l’instabilité dans le pays.
Les forces vives critiquent également les démarches diplomatiques menées séparément par certaines composantes. Elles estiment que les initiatives engagées au niveau international doivent être accompagnées d’un consensus interne en RDC.
Pour elles, la recherche de la paix doit aller de pair avec des réformes importantes, notamment dans les secteurs électoral, sécuritaire et judiciaire. La justice transitionnelle figure également parmi les chantiers qu’elles souhaitent voir intégrés au processus.
Les acteurs de la société civile s’interrogent par ailleurs sur la manière d’engager ces réformes alors que les populations continuent de subir les conséquences de la guerre.
Inquiétudes autour du recensement
La question du recensement de la population constitue également une préoccupation pour les forces vives du Nord et du Sud-Kivu.
Elles craignent que les populations vivant dans les zones affectées par la guerre soient insuffisamment prises en compte dans ce processus. Elles demandent que la question du recensement soit examinée dans le cadre plus large des réformes électorales et du futur processus politique.
Pour les forces vives, il est nécessaire de parvenir d’abord à un consensus national sur le processus électoral avant de déterminer les différentes réformes à engager.
Elles soulignent notamment les contraintes liées au temps et aux moyens nécessaires à l’organisation des prochaines élections dans le contexte actuel.
La société civile estime que la question de la paix ne peut être dissociée de celle de la légitimité politique. Elle appelle donc les différentes forces sociales et politiques à anticiper cette question afin d’éviter une nouvelle crise institutionnelle à l’issue des échéances électorales.
Les forces vives des sociétés civiles du Nord et du Sud-Kivu appellent enfin les autorités congolaises et les différentes parties prenantes à privilégier une démarche concertée, avec la participation des populations affectées par la guerre, pour parvenir à une paix durable et accompagner les réformes nécessaires à la stabilité du pays.
Isaac Mushiarhaminwa










