Le professeur Désiré Bayongwa a salué l’arrêté ministériel portant création de la Commission de reconnaissance des titres et diplômes obtenus en ligne et/ou en mode hybride, signé en date du 21 décembre 2025.
Le texte institue une commission chargée d’examiner et de reconnaître les diplômes délivrés à travers l’enseignement à distance ou hybride en RDC.
Recteur de l’Université de Développement Durable en Afrique Centrale UDDAC-Bagira et professeur de l’Université de Kaziba, le professeur Désiré Bayongwa estime que cette décision intervient à un moment opportun. Selon lui, la RDC accusait un retard notable dans l’opérationnalisation du système d’enseignement ouvert et à distance malgré la présence de la loi-cadre du 11 février 2014 de l’enseignement national.
Cette dernière, en son article 7 alinéa 10, définit l’enseignement ouvert et à distance comme une technique de mise en œuvre pour assurer la formation à distance au moyen de dispositifs de technologies de l’information et de la communication. En son article 9 alinéas 5, 16, l’ordonnance fixe l’enseignement à distance comme une des options fondamentales de l’enseignement supérieur et universitaire en RDC.
Parmi les experts de ce programme en RDC et pionnier de l’enseignement à distance au Sud-Kivu, le professeur Bayongwa considère cet arrêté comme une reconnaissance des efforts et innovations menés depuis plusieurs années dans ce domaine. Il rappelle que cette forme d’enseignement a longtemps fait l’objet de critiques et de préjugés, malgré son existence depuis plusieurs décennies, comme l’enseignement par correspondance, ce mode d’enseignement évolua grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).
Il souligne que cet enseignement a démontré son efficacité, notamment durant la période de la pandémie de Covid-19, au cours de laquelle de nombreuses institutions éprouvaient des difficultés à assurer la continuité pédagogique. À l’UDDAC, précise-t-il, les activités académiques avaient pu se poursuivre normalement grâce à ce modèle d’enseignement qui pourtant avait été salué par les bénéficiaires, étudiants et professeurs.
Désiré Bayongwa rappelle également que des actions de formation ont été menées au profit des enseignants d’université en vue de les préparer efficacement à cette nouvelle façon de transmettre les connaissances. Il cite notamment une session organisée à l’Institut français de Bukavu au cours de laquelle plus de trente professeurs d’université avaient été formés à l’enseignement à distance en présence des autorités académiques et administratives du secteur de l’ESURSI. Deux années avant cette formation, en 2018, une conférence internationale a été organisée à l’Institut français de Bukavu sous le thème principal : l’enseignement ouvert et à distance, quelle vision pour l’avenir de l’ESURSI en RDC.
Le représentant de l’AUF et le directeur de l’EOD au sein de l’ESURSI à l’époque étaient des invités de marque.
Par ailleurs, en sa qualité de coordonnateur du réseau académique francophone de l’Institut CEDIMES France de l’Afrique subsaharienne, le professeur Désiré Bayongwa a adressé ses félicitations aux autorités de l’enseignement supérieur et universitaire, recherche scientifique et innovations ainsi qu’à l’UNESCO pour cette initiative qu’il considère comme une avancée majeure dans la modernisation et l’amélioration de l’enseignement supérieur et universitaire en RDC.
Néanmoins, les grands défis restent liés au traditionalisme et aux problèmes techniques observés sur le terrain.
GASPARD LWENDO










