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RDC : François Rubota propose cinq priorités pour le budget 2026

L’ancien ministre François Rubota revient sur le devant de la scène avec une série de recommandations adressées à l’Assemblée nationale, à l’occasion de l’examen du budget 2026. L’ancien membre du gouvernement dit avoir revisité ses publications antérieures pour réactualiser ses propositions, notamment une tribune publiée dans Justice le 10 février 2025 et une analyse diffusée le 30 août 2025 sur X par le journaliste Patrick Lokala.

Selon lui, deux questions doivent guider toute réflexion après un passage au gouvernement : qu’est-ce qui a été fait sans nécessité ? et qu’est-ce qui n’a pas été fait alors que cela s’imposait ?

Pour Rubota, le contexte actuel de la RDC exige des choix clairs et des priorités assumées.

Les priorités proposées

  1. Défense et sécurit

François Rubota appelle à un renforcement massif des capacités opérationnelles et dissuasives de l’armée et des services de sécurité. Il préconise d’allouer 40 % du budget à ce secteur, estimant que la situation sécuritaire impose un investissement exceptionnel. Modernisation, adaptation technologique et montée en puissance restent ses maîtres mots.

  1. Infrastructures

L’ancien ministre met l’accent sur la construction et la réhabilitation des routes nationales, provinciales et territoriales. Il insiste aussi sur les infrastructures socio-économiques, rappelant que ces investissements doivent soutenir l’économie rurale, notamment dans le cadre du PDL 145T.

  1. Rémunération des agents publics

Il plaide pour une prise en compte rigoureuse du traitement des agents de l’État, condition selon lui de l’efficacité administrative.

  1. Secteur productif : agriculture et développement rural

Rubota revient longuement sur ce secteur qu’il qualifie de “siamois” du développement à la base. Il propose la cartographie des 80 millions d’hectares arables et des 4 millions d’hectares irrigables, l’identification des acteurs, équipements et semences, l’implication des responsables politiques et administratifs pour qu’ils exploitent chacun un champ dans leur village, l’encadrement des paysans à travers les coopératives.

Outre, il propose la mobilisation des structures du ministère de l’Agriculture, des agences onusiennes, ainsi que des projets financés par la Banque mondiale et la BAD,
la mise en place de prêts agricoles comme forme de subvention.

Également, la transformation ou privatisation des bases agricoles de Nkuadi, Nkundi, Mongata, Lubondaï et Ruzizi, la privatisation du site de Bukanga-Lonzo pour relancer sa production, et la promotion d’un modèle où l’agriculture est portée par des opérateurs économiques, non par l’État.

  1. Secteur social

Il soutient la gratuité de la maternité et de l’enseignement, qu’il présente comme un axe indispensable du progrès social.

Rubota met aussi en garde contre certaines pratiques qu’il juge contre-productives : l’achat et la distribution de tracteurs par l’État, la transformation de l’État en opérateur économique agricole, la prise en charge publique de la mécanisation agricole, et l’achat récurrent de semences à distribuer aux cultivateurs.

L’ancien ministre estime que ces approches ont déjà montré leurs limites, citant les cas de Bukanga-Lonzo ou de la DAIPN.

Gaspard LWENDO

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