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RDC/CHRONIQUE: Notre foi en un Congo nouveau, libre et prospère (Dr Didier Kamerhe)

Il est des paroles qui réveillent une nation. Des mots qui ne se contentent pas d’être récités, mais qui interpellent, secouent et rappellent à chacun sa part de responsabilité dans le destin collectif. « Notre foi en un Congo nouveau, libre et prospère » n’est pas un simple slogan : c’est un appel.

Debout Congolais. Ces deux mots, empruntés à l’hymne national de la République démocratique du Congo, résonnent aujourd’hui avec une urgence particulière. Se lever ne signifie pas seulement se redresser physiquement ; cela veut dire sortir de l’indifférence, rompre avec les anti valeurs et refuser le contraste insoutenable entre l’immense richesse du sol et du sous-sol congolais et la précarité quotidienne de millions de citoyens.

La République démocratique du Congo, souvent qualifiée de « scandale géologique », porte en elle des promesses immenses. Mais ces promesses ne deviendront réalité que si l’indépendance politique conquise le 30 juin 1960 se transforme enfin en indépendance économique et culturelle réelle.

L’indépendance n’est pas un acquis figé dans l’histoire ; elle est un combat permanent contre la corruption, la prédation et la résignation.
Cette chronique convoque la mémoire des figures emblématiques de notre histoire : Patrice Emery Lumumba, martyr de l’indépendance ; Simon Kimbangu, symbole de résistance spirituelle ; les pendus de la Pentecôte, tragédie politique qui rappelle le prix du courage ; les archevêques Christophe Munzihirwa et Emmanuel Kataliko, voix prophétiques face à l’injustice. Tous incarnent une même exigence : la dignité du Congo ne se négocie pas.

Mais l’hommage aux héros ne suffit pas. Le texte appelle à une révolution intérieure : bâtir « par le labeur, la justice et la bonne gouvernance » un pays plus beau qu’avant. Cela suppose un changement profond des mentalités. La revanche du sol sur le sous-sol n’est pas une formule poétique ; elle signifie investir dans l’agriculture, l’éducation, l’industrie locale, l’intelligence et la créativité des Congolais, plutôt que de dépendre exclusivement de l’exportation brute des minerais.

Le 30 juin 2026, à l’aube des 66 ans d’indépendance, ne devra pas être une simple célébration rituelle. Il devrait être un moment d’introspection nationale : avons-nous été fidèles au serment de liberté ? Avons-nous protégé nos ressources ? Avons-nous privilégié l’intérêt général sur les ambitions personnelles ?
« Ne jamais trahir le Congo pour le lucre. » Voilà le cœur du message. Dans un contexte où la tentation de brader les richesses nationales pour conserver le pouvoir ou accéder aux privilèges demeure forte, cet engagement prend une dimension éthique fondamentale.

Le Congo nouveau ne naîtra ni d’un homme providentiel ni d’un miracle extérieur. Il naîtra de citoyens conscients, exigeants et solidaires. Il naîtra d’une paix restaurée, d’une cohésion nationale renforcée et d’une gouvernance responsable.
Notre foi en un Congo libre et prospère ne doit pas être naïve. Elle doit être active. Militante. Concrète.

Car le Congo ne sera grand que si ses fils et ses filles décident, ensemble, d’en assurer la grandeur.

GASPARD LWENDO

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