La victoire du président Yoweri Museveni lors de la présidentielle du 15 janvier dernier, consacre la transformation de l’Ouganda en une dictature familiale et militaire, où règnent la répression, la corruption et l’impunité. En dépit de son charisme et du soutien populaire dont il bénéficie, l’opposant Bobi Wine n’a pas pu briser ce système. Désormais, l’avenir du pays dépend de l’évolution des rapports de force au sein même du régime, ou de la capacité de la société civile à résister à l’oppression.
Au pouvoir depuis 1986, Yoweri Museveni a été déclaré vainqueur de la dernière présidentielle ce 17 janvier 2026, avec 71,65% des voix, dans un scrutin marqué par des accusations de fraude, une répression violente de l’opposition et une coupure d’internet généralisée. Le président Museveni entame donc un septième mandat consécutif, et devient par conséquent le troisième président africain en termes de longévité, après ses homologues camerounais et équato-guinéen.
Crédité de 24,72% des voix, l’opposant Bobi Wine a dénoncé une « mascarade électorale« , des bourrages d’urnes et des fraudes massives. Il a également appelé à des manifestations non-violentes, mais il a dû se cacher après un raid des forces de sécurité sur son domicile. La répression post-électorale a fait des dizaines de victimes dans les rangs des partisans de Bobi Wine. Beaucoup ont été arrêtés et l’opposition est désormais sous surveillance.
En 2019, le président Yoweri Museveni a modifié la Constitution pour supprimer les limites de mandat et d’âge. Il en a aussi profité pour verrouiller les institutions judiciaires, électorales et militaires, afin de mieux éliminer toute opposition sérieuse. Celle-ci est systématiquement réprimée, à l’instar de Kizza Besigye (ancien médecin de Musseveni, passé à l’opposition il y a 25 ans), enlevé au Kenya avec l’aide des autorités locales, et poursuivi pour trahison.
L’Ouganda a été transformé par le président Yoweri Museveni en un État militarisé et clanique. La violence est devenue un outil de gouvernance et la démocratie n’est plus qu’une façade. L’armée et la famille dominent tous les aspects de la vie politique et économique.
Le fils: le « général twittos », successeur désigné
Et au sein de cette famille présidentielle, le personnage le plus emblématique aujourd’hui est sans conteste Muhoozi Keinerugaba, le fils unique du président Museveni – Museveni a trois filles par ailleurs. Muhoozi Keinerugaba a fait des études dans plusieurs écoles militaires étrangères, dont la prestigieuse Sandhurst, au Royaume-Uni.
À 51 ans, Muhoozi Keinerugaba a été bombardé chef des forces armées ougandaises depuis 2024 (l’Uganda People’s Defence Force, UPDF), après avoir longtemps été à la tête des forces spéciales. Un moyen pour son père de calmer ses ambitions politiques, selon certains analystes. Il incarne néanmoins la militarisation croissante du régime. Par ailleurs, il brouille les frontières entre mission militaire et ambition politique, en s’immisçant dans le jeu partisan, notamment à travers ses menaces contre Bobi Wine et ses partisans. Grâce à sa « Ligue patriotique », il a par ailleurs placé des fidèles au sein du Parlement ou encore dans le parti au pouvoir.
TV5 Monde, via OeilTaifa Africa








