Après des années d’absence, les entreprises américaines tentent de reprendre pied en RDC, malgré l’insécurité, la corruption et un conflit armé toujours actif.
Les entreprises américaines, pourtant pas les dernières pour aller s’implanter là où existent des business opportunities, ont longtemps évité la République démocratique du Congo (RDC), notamment en raison de l’insécurité et de la corruption qui ont pu y régner. Un vide que les sociétés chinoises ont vite comblé, en faisant main basse sur les minerais congolais. Aujourd’hui, les États-Unis cherchent à inverser la tendance.
L’entreprise américaine KoBold Metals s’apprête à investir en RDC, intéressée par l’un des plus grands gisements de lithium jamais découverts, enfoui sous le granite, rapporte le magazine économique britannique The Economist. Que l’est du pays soit plongé dans un conflit sanglant –mettant aux prises l’armée régulière et les rebelles du M23– n’émeut pas plus que ça son PDG, Josh Goldman, puisqu’après tout, «c’est le plus grand trésor minéral du monde».
Cobalt, lithium ou encore cuivre: la République démocratique du Congo regorge de ressources minérales stratégiques, «des matériaux rares, indispensables et non substituables», comme l’explique la revue Géoconfluences. Des ressources qui figurent sur la liste américaine des soixante minerais indispensables à la confection des technologies de pointe, aujourd’hui principalement détenus par la Chine. Afin de contrecarrer cette dépendance stratégique, Donald Trump multiplie les initiatives, telles que l’accord minier signé avec l’Ukraine au printemps 2025. En échange d’une aide militaire dans sa guerre contre la Russie, Kiev cèderait une part des recettes futures tirées des ressources naturelles du pays.
Alors que les investissements états-uniens peinent à se concrétiser du côté de l’Ukraine, la RDC connaît, elle, un regain d’intérêt occidental. En août 2025, KoBold Metals est devenue la première entreprise américaine en dix ans à obtenir un permis d’exploration dans la région. Au début du mois de décembre, l’entreprise suisse Mercuria a annoncé un partenariat estimé à 1 milliard de dollars avec Gécamines, une société minière d’État congolaise.
Une installation complexe
Le contexte d’instabilité politique et de conflit armé entre le groupe M23 et le gouvernement dans l’est du pays rend pourtant ces entreprises périlleuses. La corruption constitue également un obstacle majeur dans le pays. L’entreprise britannico-suisse Glencore, principal investisseur occidental du pays et spécialisé –entre autres– dans l’extraction de matières premières, a reconnu avoir versé des pots-de-vin entre 2007 et 2018, ce qui lui a valu plus de 850 millions d’euros d’amendes. Beaucoup d’investisseurs estiment qu’il est impossible d’obtenir des permis sans paiements illégaux.
Entre des permis accordés puis retirés sans préavis, une fiscalité éclatée entre des dizaines d’administrations et des redevances négociées au cas par cas, s’implanter en RDC peut en effet tenir de la gageure. Depuis 2002, plus de la moitié des entreprises minières étrangères ont été impliquées dans des litiges avec l’État congolais.










