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Chronique : « La démocratie congolaise est dans une vitalité que l’on observe nulle part ailleurs au monde » François Rubota

« La démocratie congolaise est dans une vitalité que l’on observe nulle part ailleurs au monde. À mon avis, elle est allée trop vite et trop loin. Elle a besoin d’orientation et d’encadrement. »

C’est par cette appréciation que François Rubota aborde le débat politique en République démocratique du Congo. Pour lui, la liberté d’expression, consacrée par la démocratie, ne devrait pas faire disparaître le respect dû aux institutions légalement établies.

L’ancien responsable politique s’inquiète notamment de la manière dont les débats politiques sont menés dans les médias et dans l’espace public. Il estime que le statut d’opposant ne devrait pas servir de justification à tous les propos dirigés contre les institutions de la République.

À la veille de la marche annoncée par la C64, François Rubota s’interroge également sur les revendications mises en avant par cette plateforme : le refus d’un changement de la Constitution, le rejet de la balkanisation du pays et l’opposition à un troisième mandat.

Il pose une série de questions. Quel rapport existe-t-il entre le changement de la Constitution et la balkanisation de la RDC ? En quoi une modification de la Constitution contribuerait-elle à la fragmentation du territoire national ?

Sur la question du troisième mandat, François Rubota rappelle que le mandat électif ne se décrète pas. Il se sollicite et s’obtient auprès du peuple par la voie des élections. Pour lui, le débat ne devrait donc pas présenter comme acquis un mandat qui reste soumis au choix des électeurs.

Cette lecture l’amène à dénoncer ce qu’il considère comme une dérive de la politique congolaise, dominée par les rivalités personnelles et les ambitions individuelles.

« Ne faisons pas de la politique politicienne aujourd’hui basée fondamentalement sur des rivalités personnelles, sur des egos et non sur l’intérêt général », insiste-t-il.

François Rubota replace ensuite le débat dans le contexte sécuritaire de l’Est du pays. Il considère que la RDC fait face à une situation de balkanisation de fait dans certaines parties du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, qu’il attribue à l’agression rwandaise.

Dans ce contexte, il estime que la priorité devrait être la reconquête de l’intégrité territoriale et la défense de la souveraineté nationale.

Pour lui, les divergences politiques ne devraient pas conduire à affaiblir ceux qui sont engagés dans la défense du territoire national.

« On ne tire pas sur celui qui est au front de la guerre pour défendre la souveraineté nationale, c’est prêter le flanc à l’ennemi », affirme-t-il.

Le débat sur la Constitution reste donc, à ses yeux, secondaire face à l’urgence sécuritaire. François Rubota appelle les acteurs politiques à dépasser les querelles de personnes et à replacer l’intérêt général au centre de leurs prises de position.

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