Bujumbura / Uvira, 3 juin 2026 – Plusieurs ressortissants congolais ont été arrêtés ces derniers mois dans la ville d’Uvira, au Sud-Kivu, ainsi qu’à Bujumbura, la capitale économique du Burundi, située à seulement quelques kilomètres de la ville d’Uvira, avant d’être transférés vers Kinshasa. D’autres ont quitté la région pour se réfugier en Tanzanie, en Ouganda ou encore à Bukavu, selon diverses sources locales.
Ces arrestations concernent des personnes soupçonnées d’avoir exprimé des opinions critiques sur la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) ou d’avoir publié des analyses relatives à la gouvernance et aux opérations militaires dans la région.
Parmi les personnes citées figure Alexis Ngwega, présenté comme analyste politique, arrêté à Bujumbura avant d’être transféré à Kinshasa. De son côté, Ir. Jean-Pierre Zembezembe, connu pour ses interventions dans plusieurs radios communautaires d’Uvira, a été interpellé à Beni, dans la province du Nord-Kivu, toujours dans l’est de la République démocratique du Congo, alors qu’il effectuait des démarches administratives liées à l’obtention d’un passeport.
Me Muzingwa, défenseur des droits humains, a également été arrêté à Uvira avant d’être transféré à Kinshasa, puis remis en liberté par la suite, selon les informations recueillies.
D’autres figures locales sont également concernées, notamment Maître Mega d’Uvira ainsi que le comédien Kiroka, connu pour ses prises de position critiques à l’égard de certaines autorités locales et de membres de la société civile.
Par ailleurs, l’humanitaire Babunga Benjamin Watuna a été arrêté à Bujumbura, la capitale économique du Burundi, le mardi 26 mai 2026 par les services de renseignement burundais, selon des sources sécuritaires qui se sont confiées à SOS Médias Burundi.
Depuis le mois de février, plusieurs Congolais ont ainsi été interpellés à Uvira et à Bujumbura, certains étant accusés de collaboration présumée avec l’AFC/M23. Des voix au sein de la société civile dénoncent des arrestations visant des personnes en raison de leurs opinions ou de leurs prises de position.
Des organisations de défense des droits humains appellent les autorités concernées à garantir le respect des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et le droit à un procès équitable, et à s’assurer que toute accusation repose sur des éléments établis par la justice.
Au moment de la publication de cet article, les autorités concernées n’avaient pas encore communiqué officiellement sur l’ensemble de ces cas.
Ces interpellations interviennent dans un contexte de coopération sécuritaire renforcée entre la République démocratique du Congo et le Burundi. Selon des sources sécuritaires congolaises, plusieurs ressortissants soupçonnés de liens avec le mouvement rebelle M23 ou de collaboration avec le Rwanda ont déjà été arrêtés au Burundi par les services de renseignement, avant d’être remis aux autorités congolaises. Certains ont ensuite été transférés dans différentes prisons de la capitale congolaise, Kinshasa, dans le cadre de cette coopération bilatérale.
SOS Médias Burundi, via OeilTaifa Africa








