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Après Washington, l’Est reste en feu : analyse d’un accord aux résultats contrastés. Christian Bahati FOBAC

La signature de l’accord de Washington entre Paul Kagame et Félix Tshisekedi était présentée comme une étape décisive pour apaiser les tensions entre la RDC et le Rwanda. Mais alors que l’encre de l’accord n’a pas encore séché, les affrontements qui se poursuivent autour d’Uvira rappellent que la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC demeure explosive.

Pour Kinshasa, cet accord devait constituer une avancée stratégique. Félix Tshisekedi espérait obtenir un soutien américain massif en échange d’un accès privilégié aux minerais congolais, dans l’objectif de renforcer la pression militaire sur l’AFC/M23 et ses soutiens présumés.
Mais les résultats observés jusque-là prennent le contre-pied de cette stratégie.

Le texte issu de Washington ouvre la voie à des partenariats économiques majeurs avec le Rwanda : exploitation conjointe de minerais dans le Kivu, coopération autour du parc des Virunga, du lac Kivu et de son gaz méthane.
Cependant, les avantages concrets obtenus par la RDC restent flous, ce qui nourrit les critiques sur un déséquilibre évident dans l’accord.

Les États-Unis, de leur côté, obtiennent un accès élargi aux ressources minières congolaises, alors même que le soutien militaire espéré par Kinshasa tarde à se matérialiser.

L’AFC/M23 renforce son emprise et élargit ses ambitions

Sur le terrain, la situation reste critique. L’AFC/M23 continue d’administrer de larges zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, tout en affichant une détermination renouvelée à progresser vers Uvira, un verrou stratégique du Sud du pays.

L’accord engage par ailleurs Kinshasa à désarmer les FDLR et les groupes d’autodéfense Wazalendo. Un pari risqué : ces derniers ont joué un rôle clé dans la résistance face aux avancées rebelles vers l’espace Katanga.

Au niveau national, les retombées politiques se font sentir. Les critiques contre la gouvernance du pouvoir central se renforcent : marginalisation persistante du Bandundu et de l’Équateur, débats sur la gestion des ressources du Katanga, et contestations autour de la stratégie politique de Kinshasa.

Dans ce climat, le pacte social prôné par la CENCO et l’ECC reprend de l’importance. L’idée d’un dialogue national, longtemps écartée, se présente désormais comme une piste crédible pour traiter les causes profondes du conflit.

Un dialogue devenu impératif

L’accord de Washington, loin d’apporter la rupture espérée, révèle les limites d’une stratégie fondée sur des alliances extérieures et des promesses économiques.
Avec un Est toujours sous tension et une scène politique de plus en plus polarisée, la RDC se retrouve confrontée à une réalité incontournable : seule une dynamique nationale inclusive peut ouvrir la voie à une paix durable.

Gaspard LWENDO

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