Le procès sur la chute de la ville de Bukavu s’ouvre ce vendredi devant la Haute Cour militaire à Kinshasa. Deux généraux majors, Robert Avul Yav et Andre Ehonza, respectivement commandant de l’armée au Sud-Kivu et commandant des opérations Sukola 2 Nord, sur une partie de cette province, sont inculpés notamment pour lâcheté face aux rebelles de l’AFC/M23. Les faits remontent au mois de janvier 2025 lors de l’offensive majeure des rebelles au Sud-Kivu après avoir notamment conquis la ville de Goma. Plus d’une année et demie après leur mise en détention, les deux hauts gradés seront devant les juges et encourent la peine de mort.
Robert Anvul Yav avait quitté Bukavu quelques jours avant l’arrivée des rebelles. Le général-major, alors commandant de la région militaire, installe son quartier général à Nyangezi, à une vingtaine de kilomètres de la ville, pour tenter de réorganiser des troupes en déroute, dont certaines sont accusées de pillages.
Il est rejoint par André Ehonza Uketi, autre général-major en repli après la chute de Minova, Kalehe et Kavumu.
C’est là que se noue l’accusation : selon le ministère public, les deux officiers auraient décidé de renoncer à toute contre-offensive. Robert Anvul Yav est notamment soupçonné d’avoir « cédé » Bukavu aux rebelles avant de rejoindre clandestinement les agglomérations de Nyantende puis Nyangezi. André Ehonza est, lui, accusé d’avoir alimenté la panique dans les rangs de l’armée en surestimant les capacités de l’ennemi.
Lors de leurs auditions devant le renseignement militaire et l’auditorat général, les deux généraux avaient affirmé que les rebelles étaient supérieurs en hommes et en équipements.
Autre grief contre Robert Anvul Yav : à Lumbishi, dans le territoire de Kalehe, il aurait remis aux miliciens Wazalendo présentés comme des « troupes amies » des mortiers de 82 millimètres et des armes PKM, dont certaines munitions étaient périmées et certaines armes défectueuses.










