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Chronique: L’ouverture de l’aéroport de Goma, une urgence humanitaire (Oswald RUBASHA, Expert électoral et Acteur de la Société Civile)

La guerre ne doit pas tout justifier ni servir d’excuse permanente. En République démocratique du Congo, la souffrance imposée aux populations a franchi les limites du supportable. Dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23, les habitants subissent une double peine : l’insécurité et des restrictions qui bafouent leurs droits fondamentaux, pourtant garantis par les instruments internationaux que la RDC a librement ratifiés.

Depuis la prise de certaines localités par cette rébellion, de nombreuses familles sont coupées de leurs économies à cause de la fermeture prolongée des banques et coopératives. Une mesure à la fois injuste et inhumaine. Que reproche-t-on réellement à ces citoyens pour les priver ainsi de leurs moyens de subsistance ?

La situation du Nord-Kivu illustre bien ces contradictions. Les échanges se poursuivent normalement entre Goma, aujourd’hui sous contrôle rebelle, et Butembo, restée dans le giron gouvernemental. Pourquoi cela ne serait-il pas possible entre Bukavu et Uvira, deux villes également stratégiques pour la survie économique et sociale des habitants du Sud-Kivu ? Cette route, vitale pour des milliers de familles, demeure pourtant fermée, au mépris du bon sens et de la dignité humaine.

Face à cette impasse, un geste fort s’impose. L’ouverture de l’aéroport de Goma à des activités humanitaires serait un signal d’humanité et de responsabilité partagée. Elle rappelle que, malgré le conflit, les deux parties, Kinshasa et Goma peuvent s’accorder sur des principes essentiels de respect de la vie et de solidarité.

Les discussions entamées à Doha offrent d’ailleurs une base morale et politique suffisante pour poser un tel acte. L’espace humanitaire, aujourd’hui rétréci, doit être ouvert pour permettre aux organisations d’assister efficacement les populations en détresse.

L’histoire congolaise regorge d’exemples inspirants. Sous la présidence de Joseph Kabila, un accord entre le gouvernement et le mouvement de Mbusa Nyamwisi avait permis, à l’époque, la réouverture de l’aéroport de Beni aux vols humanitaires. Cette initiative avait contribué à rétablir la confiance et à apaiser les tensions. Rien n’empêche de tenter aujourd’hui une expérience similaire.

Le peuple congolais souffre. Rien ne justifie une double, voire une triple punition infligée à des civils innocents.

Libérez les banques à Goma et à Bukavu.
ouvrez la route Bukavu–Uvira.
Permettre la reprise des activités de la Bralima.
Et surtout, ouvrez l’aéroport de Goma. C’est une question d’humanité avant tout

Isaac Mushiarhamina

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