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Bukavu : la fluctuation du taux de change paralyse le pouvoir d’achat des habitants

Depuis plusieurs semaines, les habitants de Bukavu et de ses environs peinent à s’approvisionner en biens et services de première nécessité. En cause : une forte spéculation autour du taux de change entre le franc congolais (FC) et le dollar américain (USD).Sur le terrain, les écarts sont énormes. Dans certains coins de la ville, le dollar s’achète à 2 000 FC, ailleurs à 2 100 FC, tandis que dans les stations-service et certains magasins, les taux varient sans justification apparente. Un déséquilibre que déplore Œil Taifa, qui a dressé un constat le 17 octobre 2025.« Ce jeu spéculatif ne profite qu’à ceux qui tiennent leurs affaires en devise, laissant le citoyen lambda impuissant », note le média.

Cette instabilité monétaire impacte durement les ménages et les fonctionnaires, dont le pouvoir d’achat s’effrite de jour en jour.Une habitante, qui a requis l’anonymat, témoigne.« Nous travaillons à perte. Moi, je suis payée en dollars, mais quand je veux me procurer des biens, je le fais en francs congolais, avec des répercussions sur les marchés où les prix sont restés intacts. Ce qui constitue un déficit pour moi. Et puis ensuite je vais acheter les biens en francs»Selon elle, la situation affecte aussi bien le panier de la ménagère que la scolarisation des enfants. « Je déplore le fait que dans certaines écoles, les percepteurs ne perçoivent plus les dollars mais plutôt les francs congolais, au taux de 3 000 FC.

En tout cas, nous ne savons plus où donner de la tête. »Un paradoxe s’installe Alors que le franc congolais semble s’apprécier face au dollar, il se fait de plus en plus rare sur le marché.D’après certains observateurs, cette appréciation relative serait liée à l’intervention de la Banque Centrale du Congo (BCC), qui aurait absorbé une partie de la masse monétaire en circulation.

Cependant, d’autres analystes estiment que la volatilité du taux de change reste surtout influencée par des facteurs structurels tels que l’inflation élevée, l’instabilité politique et la spéculation des investisseurs.Face à cette situation, plusieurs voix appellent les autorités monétaires à s’impliquer davantage pour stabiliser le marché.

« La solution ne viendra pas du chaos mais d’une action économique concrète », estiment les habitants interrogés.En République démocratique du Congo, le franc congolais connaît depuis deux semaines une forte apréciation face au dollar américain. Certaines écoles, hôpitaux et maisons de commerce refusent désormais toute transaction en devise étrangère, préférant fixer leurs prix en francs congolais, parfois à des taux de 2 700 à 2 800 FC pour un dollar.

Isaac Mushiarhalina

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